Et si les écrans faisaient du bien à nos enfants ?

les écrans sont-ils bons ?

[ Temps de lecture : 10 mn ]

Le mot « écrans », on l’entend partout, et… il me fait peur : je perçois un monstre prêt à surgir et dévorer nos enfants. Je vais même lui mettre une majuscule, tant la personnification de l’objet est frappante : « les Écrans » sont maléfiques, nocifs, tel expert mondial l’a dit.

Ce monstre a frappé chez nous et nous cause bien des tracas.

Quand Frère 1 a eu son ordinateur vers ses 13 ans, à la maison la vie a changé. Cet enfant qui avait dévoré les deux premiers tomes d’Harry Potter à 5 ans, qui se cachait pour lire la nuit sous sa couette à la lampe de poche, et sautait de joie à ses anniversaires quand il recevait une collection complète de livres reliés, a soudain totalement délaissé les bouquins et s’est vissé sur un siège grinçant, avec pour seul sport la musculation intense de deux doigts de chaque main. Le skate board s’est recyclé en étagère murale et nous avons commencé à oublier le doux visage de l’enfant, ne voyant plus que son dos.

J’aurais pu dire « chouette, ouf ! » car j’étais très inquiète de son addiction totale aux livres, si si, je vous assure : il refusait toujours d’aller se promener, vivait dans un monde imaginaire avec ses héros de romans fantastiques, ne parlait que de ça, quittait la table avec empressement parce qu’il avait été interrompu au milieu d’un chapitre et voulait finir, ne voyait aucun de ses amis.

L’Écran arrivé engendra des disputes violentes pour tenter de contrôler ce qui gonflait gonflait dans notre quotidien à tous les sens du terme jusqu’à devenir l’unique lien (pourri) entre notre fils et nous ses parents.

Ses stratégies pour détourner les interdictions ou limitations horaires se sont multipliées alimentant le manque mutuel de confiance.

Un jour j’ai décidé de lâcher prise.

Pas par choix éducatif mais par envie de retrouver ma relation avec lui : les Écrans étaient devenus le centre de notre famille, non pas parce que notre jeune homme y passait tout son temps, mais parce qu’ils étaient au cœur de tous les conflits.

Le calme est revenu quand j’ai su entendre ses motivations en détail, et qu’il a su entendre les miennes. Je l’ai laissé tranquille et lui a été attentif à passer plus de temps en famille. Nos relations sont redevenues aimantes. Je me suis relâchée et je l’ ai laissé creuser :

s’il apprécie l’ordinateur, c’est qu’il y trouve une grande valeur pour sa vie, et j’ai envie de respecter ça même si je ne sais pas où ça va le mener.

Quelques années plus tard, maintenant adulte, il passe jour et nuit scotché à de nombreux Écrans dans des pièces sombres : il est devenu monteur audiovisuel professionnel passionné, vient de terminer ses études du même nom et décrocher dans la foulée son premier emploi. C’est un jeune homme très débrouillard qui a un réseau de ouf, une petite amie non virtuelle et part même se promener en forêt. Je ne crois pas qu’il ait lu à nouveau, mais il a certainement trouvé mieux pour alimenter son monde intérieur, ses passions, son besoin d’apprentissage, sa créativité intellectuelle.

Qu’aurait-il fait si nous ne l’avions pas laissé explorer suffisamment ? Serait-il aujourd’hui dans une autre voie professionnelle, pour laquelle il serait autant épanoui et motivé ? Ou serait-il en train de se poser des questions déprimantes sur le sens de sa vie ? Nous ne saurons jamais.

Frère 2, lui, s’est toujours totalement désintéressé de toutes sortes d’Écrans, il préférait sortir faire du vélo avec ses potes. Problème réglé.

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Frère 3, nous y sommes. 10 ans. Moi qui ai refusé les pistolets en jouet à mon aîné qui du coup faisait pan pan avec une branche, cet enfant-là défonce des terroristes dont les membres explosent sous des giclées de sang. J’avoue mon épouvante et j’ai pourtant choisi de faire confiance à l’adulte geek de mon entourage qui l’y a initié, lui qui a grandi scotché à ces « jeux » et est pourtant devenu coach et formateur professionnel en communication, actif pour la paix dans le monde.

Cette passion de Frère 3 pour les jeux vidéos est arrivée au milieu d’un nouveau fonctionnement familial et éducatif que nous avons fait nôtre, suite à nos évolutions personnelles, dont le présupposé est :

 

l’enfant est un individu à part entière là maintenant, et pas seulement un adulte en devenir. Il sait ce qui est bon pour lui pour peu qu’il y réfléchisse et écoute son instinct, ses envies, ses besoins. Il a le droit de choisir pour lui comme nous choisissons pour nous-même, avec les restrictions des limites des autres face à lui ou de la sécurité immédiate.

 

Nous vivons et expérimentons ce paradigme au quotidien et nous nous adaptons à chaque fois que la direction que l’on prend ne convient pas à l’un d’entre nous.

Mais pour les jeux vidéos, ça a soudain coincé pour moi.

Car autant je suis arrivée à le laisser manger des pâtes au ketchup à tous les repas de sa vie, autant je suis arrivée à lui laisser sa responsabilité de bavarder en classe même s’il a plein de punitions, autant je suis arrivée à le laisser décider de son heure de coucher, mais là, le laisser choisir de passer des dizaines d’heures par jour sur un ordi à 10 ans, et en plus se convaincre que c’est peut-être bon pour lui car c’est ce qui le passionne, demandez-moi plutôt de faire un vol en parapente, ça sera plus facile… … … Bon ben, je l’ai fait. Le vol. Et aussi le laisser jouer à l’ordi à volonté.

Là-dessus, je me doute que vous n’êtes pas indifférent. Bon la vie est une prise de risques hein, et surtout une succession de tâtonnements, et j’aime pas trop la routine.

Responsa-bi-li-té ? Quoi ? Je connais ce mot ? Oui oui je connais. Parce que sinon je ne consacrerais pas une grande partie de ma vie aux recherches et réflexions sur la parentalité.

Oui j’ai entendu dire que ça bousillait les yeux. Et moi je suis myope en ayant grandi sans TV ni ordi, mon compagnon a une vue parfaite malgré son accrotitude-avancée enfantine aux écrans. Je sais, ça ne prouve rien, mais j’aime pas les généralisations, c’est très facile de trouver des contre-exemples. Les écrans actuels ne produisent plus de scintillements contrairement à ceux d’autrefois. On est libre d’imaginer que les stimulations sur le cerveau puissent être par le même coup probablement moindres. Oui on parle de « lumière bleue » nocive, mais vraiment je m’inquiète tout autant des produits dont nos légumes sont imprégnés et que je mets dans les assiettes de ma famille comme si je les empoisonnais. Je m’inquiète tout autant des ondes et des champs électro-magnétiques qui nous entourent. Oui je pourrais faire le choix d’agir autrement. Et comme certains d’entre vous sans doute, les trous dans le budget bouffe et le besoin impérieux de téléphone portable ne m’ont pas incitée à décider fermement de vivre en toute cohérence. Et comme on ne saura jamais réellement à partir de combien de légumes toxiques on mourra, ni à partir de combien d’heures ou minutes de lumière bleue toxique on perdra la vue, ben on continue quelques prises de risques. 

Oui j’ai entendu dire que ça les rendait addicts, ils détestent s’arrêter et quand ils n’y jouent pas ils supplient pour y jouer. C’est vital. Ils ne savent plus rien faire d’autre. Ils sont prêts à pleurer et hurler si on les en prive. Je me dis que moi si on décide à ma place de ce que je fais, de quand je le fais et combien de temps je le fais, je vais aussi me mettre à pleurer et hurler. Vous aimez regarder votre série du lundi à la TV ? Schlak, quelqu’un vient d’arrêter parce qu’il a jugé que ce serait meilleur pour votre santé d’aller faire un jogging. Ça va ? Vous vous sentez comment ?

Frère 3 au début a montré pas mal d’agressivité lorsqu’il arrêtait l’ordi. Je lui ai dit que cette ambiance n’était pas du tout celle que je souhaitais pour notre famille et demandé ce qu’il pensait qu’on pouvait faire. Je m’attendais à un truc du genre « Oui ok, je vais jouer moins souvent parce que les Écrans m’énervent » (ben quoi, on peut rêver). Pfff que nenni, tel un bien malin négociateur il m’a répondu :

« Laisse-moi te prouver que je peux être calme quand j’éteins l’ordi ! » …

Et il y est arrivé dès le lendemain, et sur le long terme. Ma foi, c’est ce que je souhaitais, et il a trouvé sa solution, qui me convenait. Pour moi il a appris à se maîtriser, dans son intérêt et celui de la relation, non pas par obligation, soumis à un autoritarisme, mais par choix.

Est-ce que pour autant il ne serait pas en train de ravaler un profond mal-être dû à l’overdose d’Écrans, et à le taire juste pour pouvoir continuer à jouer aussi souvent qu’avant ? Je l’ai observé, je suis restée attentive à son comportement général. Je l’ai vu heureux de jouer à ce qu’il aime, progresser sur la technique et content de partager son monde imaginaire avec nous dès qu’il quitte le PC.

 

J’ai pu remarquer que les enfants n’ont plus la notion du temps devant les Écrans (pareil pour moi hein), et qu’ils en oublient leurs besoins physiologiques. A son âge, quand j’avais envie de faire pipi alors que je jouais passionnément dehors avec mes copines, j’attendais tellement qu’il m’arrivait de m’oublier un peu dans ma culotte. Et on jouait juste à cache-cache hein. Mais je crois qu’on était aussi dans notre monde, coupées de toute notion du temps, et que ça nous apportait tellement que je ne voulais pas en louper une miette.

Ah oui mais nous jouions à plusieurs, me direz-vous … Les relations amicales, les interactions, la vie en société, toussatoussa … Il y a quelques jours, j’ai entendu des rires provenant du salon, et des sons de voix joyeuses. C’était Frère 3 qui parlait avec un de ses amis d’école, par Écrans interposés et ils jouaient ensemble au même jeu vidéo, se soutenaient, se donnaient des tuyaux, trop heureux d’être dans la même équipe.

Une autre fois je suis accourue près de lui discrètement, incrédule, l’entendant… parler anglais devant son PC ! Basique hein, du genre « Yes yes ! Let’s go go go ! Ok ! Well done ! » …Quuuuuoiiii ? Lui qui déteste l’anglais ? Il a dû certainement se sentir plus motivé à parler anglais pour avancer de connivence avec un anglophone et destroyer l’équipe adverse, que de répéter sur une année complète d’école « Where’s Brian ? Brian is in the kitchen ! » …ah non pardon, ça c’est mon époque. Certes, il a appris aussi « fuck », et son dérivé « what the fuck », mais bon ça peut toujours servir.

J’ai voulu mieux comprendre en quoi ce jeu vidéo débile et choquant avait de l’intérêt pour lui.

Quelle joie pour mon bonhomme quand j’ai accepté de venir le regarder faire, il rêvait de partager ça avec moi.

J’ai avalé bruyamment gorge serrée, et j’ai vu … du sang qui gicle sur les murs, des meurtres, comme prévu, et un petit garçon tendre, son doudou encore posé près de lui, en train de viser à la tête des « mecs » parce que c’est bien plus efficace pour les dégommer. Raaaaaaaaaaaaaaa, j’ai respiré trois fois façon zen, et je lui ai demandé de me raconter ce qu’il ressentait.

Ben là tu vois je sens qu’il y en a un planqué derrière, je vais faire signe à mes collègues, tiens tu vois ils rappliquent, ils vont me couvrir. Allez, j’y vais, PAAAN, ah chouette je l’ai eu [Oh my Goodness I gonna die too], allez du coup j’avance, tiens mon pote m’a fait signe, je dois me méfier ici, je le couvre, il va tenter d’aller poser une bombe. Oh punaise y en a quatre planqués là, TAKATAKATAKATAAAAAK, trop bien je les ai eeeeexplosés [Glurp]. Hop je saute et je passe par là, oui j’ai trouvé un super passage secret ici, je l’ai montré à mes potes. Bon attends je parle plus là parce que je me concentre. Vooooooilààà. C’est bon on a gagné ! Tu veux essayer, Maman ? …[Reglurps]…[euuuuh]…[bon okay].

Et là je me suis sentie con, je n’arrivais même pas à bouger cette punaise d’arme devant moi, ni à me tourner, je me faisais zigouiller à peine je commençais à avancer. Mon fils a pris les commandes du déplacement, moi je n’avais plus qu’à tirer quand je voulais, et c’est là que Mr Hyde a fait son apparition en moi :

-PAAAAN [Sang qui gicle]! Yeeeees ! Je l’ai eu je l’ai eu !! Attends bouge pas, j’en ai vu un qui passe derrière, tu vas voir je vais l’avoir, PAAAN ! Ohhh non mince raté…[Rires de mon fils de me voir « à fond »]……Mais la partie est déjà finie ? Je peux rejouer ? [Poilade de mon fils]

-« Tu vois Maman, ça te plait ! »

Bon ok j’avoue, ça m’a plu, mais ça m’arrache les tripes de le dire, par fierté. Je l’ai dit malgré tout. Voici ce que j’ai ressenti : les quatre premières secondes je voyais de vraies personnes en face de moi, puis très rapidement je n’ai plus vu qu’un jeu, un vrai jeu de cowboys et d’Indiens, de gendarmes et de voleurs, de « trappetrappe », de chamboule-tout, de pistolets à eau. Il s’agissait juste de courir et se planquer, de ne pas se faire attraper, et d’atteindre des cibles. J’ai fait plusieurs parties, et j’ai eu du mal à m’arrêter.

Ouhhh j’en entends qui crient, pas les joueurs geek, mais vous là, qui lisez. Vous me dites que c’est de la banalisation ? Que ça serait encore plus facile dans la vraie vie de devenir un meurtrier quand on n’a plus d’émotions face à tout ce sang ? J’avais fait part de ma crainte à mon fils, il m’avait regardée droit dans les yeux, avec un sourire amusé :

« Mais enfin Maman, c’est un jeu, je suis pas idiot je sais bien faire la différence, je vais pas tuer des gens dans la rue ! »

Ce jour-là, il a gagné son permis de jouer.

Nous ne pensons pas toujours à entrer un peu dans son monde pour découvrir en quoi ça peut être plaisant pour lui, en quoi notre enfant nourrit un vrai besoin en y jouant. Je pense que l’isolement dans lequel peut se replier un jeune plongé dans son monde virtuel pourrait être évité s’il se sentait libre et bien accueilli lorsqu’il partage son intérêt pour son domaine de prédilection, s’il sentait l’ouverture de son entourage, comme nous pourrions le faire naturellement si notre jeune avait la passion des oiseaux ou de la géographie … Nous sommes souvent tentés de dire à notre jeune geek passionné : « Oh arrête de toujours parler de tes jeux, y a d’autres choses dans la vie ! En plus tu sais que j’aime pas ça ! ».

Certaines questions importantes à se poser pourraient être :

Comment se sent-il quand il joue ? Qu’est-ce que ça lui apporte de bénéfique ? Qu’est-ce qu’il aime précisément dans ce jeu-là ? A quel besoin répond-il ? Divertissement /amusement /défi /reconnaissance /estime de soi /puissance /appartenance ? Quelles compétences développe-t-il dans ce jeu, quels sont ses apprentissages ? Sens de l’observation /réflexes /agilité /stratégie /précision /analyse /déduction /anticipation /planification /esprit d’équipe /entraide /etc ?

Ok, mais si mon gamin abuse ? Qu’il joue tout le temps ? Qu’il ne fait plus ses devoirs ? Qu’il ne vient pas manger quand on l’appelle ?

Tout dépend ce qu’on entend, nous, par « abuser ». Il n’y a pas de définition toute prête, à chacun de nous de réfléchir sur soi et de trouver où et comment ça fait écho en négatif à l’intérieur de nous. Investiguer pourquoi ça nous irrite, pourquoi ça nous agace ou horripile. Qu’est-ce qui précisément nous agace ? Est-ce parce que nous ne voyons plus assez souvent notre enfant ? Est-ce parce que nous sommes inquiets pour sa scolarité ? Est-ce parce que nous avons peur d’être de mauvais parents ?

Une fois que cela est bien clair pour nous et qu’on a bien investigué au plus profond de nous, on peut chercher à définir quels besoins ne sont pas satisfaits chez nous-même dans ce contexte :

par exemple pour ma part, j’ai exprimé à mon fils que lorsqu’il joue toute la journée, je me sens triste et seule, car j’ai besoin de partage, de communion, de connexion.

Il m’a entendue et lorsqu’on part en balade, si je lui dis que c’est important pour moi, il choisit de venir. Je suis tellement plus heureuse dans ces cas-là que si j’éteignais de force son ordi et que je le forçais à venir en le mettant dans la voiture ! C’est une relation d’échanges volontaires, que je veux construire, pas d’obligations.

Il y a certains défis à relever, par exemple celui de lui proposer des choses à faire tellement fun qu’il y trouvera plus d’intérêt que dans son jeu.

Un défi qui peut être celui de m’atteler à créer un environnement qui lui donnera envie de partager avec moi des moments riches et variés.

Chacun de nous peut chercher avec son enfant un terrain d’entente pour vivre cette situation en mode gagnant-gagnant, en trouvant comment nos besoins peuvent s’articuler avec les siens, afin que tous les protagonistes de la famille puissent être entendus et pris en compte.

J’ai remarqué à quel point mon fils se responsabilise quand je lui laisse sa liberté. Je lui ai dit récemment : « Tu vas recommencer l’école, c’est la rentrée. A quelle heure tu penses qu’on peut fixer le coucher le soir ? » J’avais en tête 22h, il a réfléchi et répondu : 21h ! Bon ben très bien, c’est noté pour cette heure-là, héhé. Pour l’organisation des Ecrans, souvent, nous parents, avons tendance à imposer un fonctionnement : « Tu joues une heure et c’est tout ».

 

Je pense que c’est super important que l’enfant sente qu’il a son mot à dire sur ce qui le concerne, qu’il peut exprimer ce dont il a envie et que l’on prendra un peu de temps pour voir si ça colle avec les envies du reste de la famille, ou avec les obligations diverses de la vie courante.

Qu’il a sa vraie place dans la famille et non pas un « petit bout s’il en reste », y-compris et à plus forte raison pour des choses importantes.

 

Frère 3 a développé ses compétences de communication avec nous, car il sait que s’il formule mal ce qu’il souhaite, ou s’il a des désirs trop en décalage avec ce qu’il est possible de mettre en place, on arrivera difficilement à un consensus. Et le risque serait de finir en désespoir de cause en mode « adultisme » avec application de véto pour ne pas négocier pendant dix ans, ce qui serait un échec dans notre fonctionnement, auquel il tient autant que nous.

¤¤¤

Bref, à mon sens, l’enfant est peu en danger si la relation avec sa famille est toujours là, le lien aussi, dans une ambiance d’ouverture à l’autre, et de vigilance, plutôt que de volonté d’imposer.

Car il y a toujours moyen de discuter de quelque chose qui ne convient pas, et de s’adapter. Je pense que l’état d’esprit d’un enfant est plus ouvert quand il a le droit de jouer autant qu’il veut, plutôt que quand il est restreint et contrôlé. C’est un défi d’équilibre dans la relation familiale, chacun se doit d’être très attentif à ses propres besoins, de savoir les identifier, les exprimer, les respecter et les faire respecter.

Pour moi la relation passe avant tout; la complicité, la joie, sont autant de trésors que je ne sacrifierais pas à la science, puisse-t-elle me prouver copieusement ci ou ça, pour l’infirmer quelques années plus tard suite à de nouvelles études.

Qui, à notre époque ne va pas être amené à travailler de looongues heures devant un Écran pour le boulot par exemple ? On peut essayer de continuer à l’évincer de nos vies, ou décider de prendre en compte cet élément car on va avoir à « faire avec », pour la plupart d’entre nous.

 

Il peut être utile de réfléchir comment intégrer les écrans au mieux dans nos vies, sans les diaboliser, en priorisant la curiosité, la découverte, le réajustement de la liberté de chacun, l’écoute et la relation paisible en famille.

 

MISE A JOUR DU 27 novembre 2018 :

Pour vous rassurer, Frère 3 a à présent 11 ans 1/2 et passe toujours beaucoup de temps à jouer à ses jeux dits violents, il manipule virtuellement des armes, les collectionne et aime s’en servir pour gagner la partie à tout prix, ça l’amuse beaucoup de décrire la façon dont il a tué les personnages, c’est un joueur sans pitié. Et bien l’autre jour il m’a dit qu’il détestait les armes, que ça ne devrait pas exister, que c’était inadmissible de décider de la mort de quelqu’un ainsi. Je lui ai donc dit « c’est bizarre, toi qui pourtant joues à ça tout le temps »…. il m’a répondu « mais maman, c’est un JEU !! En vrai j’aimerais même pas voir une arme de près, beurk ! » Voilà, ça parle tout seul je trouve. Depuis, je sais que j’ai un enfant passionné par les jeux vidéos de guerre et qui est antimilitariste et pacifiste et n’écrase pas même un insecte parce que « le pauuuvre » (bon il a moins pitié des araignées, mais c’est sa phobie) ! 

A lire : Interview d’Alexandre Astier, acteur, scénariste, et scientifique érudit, qui nous parle de ses choix parentaux à propos des jeux vidéos.

EM

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28 réponses sur “Et si les écrans faisaient du bien à nos enfants ?”

  1. Bonjour!
    j’ai beaucoup apprécié ton point de vue dans cet article, cependant j’échangeais sur le sujet avec une amie et elle me partageais que lorsque son fils jouait à des jeux vidéo toute la journée ou qu’il regardait la télé il était beaucoup plus réactif, à vif avec ses émotions, « difficile à vivre »…
    Se pourrait-il que pour certains enfants les écrans ce soit trop de stimulation? En faite je me pose la question de ce qui se passe pour ces enfants qui réagissent comme cela après une exposition aux écrans…
    Si quelqu’un a un avis je suis preneuse!
    merci 🙂

    1. Bonjour Léa,
      Merci pour ta participation. Je me dis que se fixer sur « les écrans » en en scrutant les éventuels effets peut emmener sur un terrain glissant. Et néanmoins, utiliser son sens de l’observation peut être utile pour calibrer l’état de bien-être de son enfant et lui proposer du soutien si besoin. Si le parent part du principe que les écrans sont dangereux, qui donc de la poule ou l’œuf est là en premier: remarquons-nous un énervement là où on ne l’aurait pas remarqué si l’enfant avait joué aux Légos juste avant ? Une situation de mini-conflit ne dégénère-t-elle pas plus vite si l’enfant est accusé d’avoir « répondu de manière agressive car il vient de jouer aux jeux vidéos » (donc un reproche de « trop y jouer » est sous-entendu, un jugement sur ce qu’il aime faire) ?
      Si ta copine remarque un effet répété flagrant sur son enfant malgré tout, ça peut être intéressant qu’elle lui fasse part de sa remarque en vérifiant auprès de lui comment il se sent. Parfois en creusant, on entend que l’enfant a eu une rude journée à l’école la veille ou s’inquiète pour son papy malade, ou encore qu’il se sent déjà énervé après un membre de la famille sans avoir pu le dire et préfère se défouler à un jeu qui lui fait du bien, qu’on vient de lui ordonner d’arrêter. Ainsi, le risque de tomber dans les raccourcis rapides entre cette activité et son état d’humeur peuvent être amoindris.
      Un angle d’approche de la situation qui est très aidant pour moi en général, est de me dire : si mon mari était énervé après une séance-télé, qu’est-ce que je ferais/dirais (en partant du principe que l’on parle d’un couple à relations saines et équilibrées 😉 ) ? Bonnes recherches à toi et ton amie.

      1. Bonsoir! merci de m’avoir répondu!
        je vois bien ce que tu propose d’observer ça me parle.
        Je pensais encore à une amie qui avait fait un test de donner toute liberté aux écrans puis avait finalement donné une interdiction totale à cause de l’irritabilité générale de son enfant qui prenait beaucoup de place quand il était exposé aux écrans. Bref tout cela me pose questions et je vais continuer à observer, discuter, glaner témoignages ici ou là et informations…
        Merci!

      2. Léa, ma façon personnelle de fonctionner dans la vie est d’entendre ce que l’on dit, puis d’écouter ce que ça fait en moi (logique/illogique/est-ce que ça me parle/est-ce que ça m’interpelle/est-ce que ça me dérange), puis d’observer ce qui se passe autour (dans le cas présent, mes enfants) et de voir confirmer l’une ou l’autre hypothèse, ou aucune. Et de ne surtout pas tirer de conclusions généralistes de tout ça, mais éventuellement donner des pistes dans le sens de mes observations, si cela peut apporter quelque chose de « doux » à quelqu’un qui le vit.
        Si ton amie fait clairement le constat que cela ne convient pas chez elle, c’est légitime pour elle d’agir en fonction de ces observations. Pour ma part j’aurais envie de creuser dans le sens des enfants: qu’est-ce que eux ressentent devant les écrans, en quoi ça leur fait du bien, à quoi ça leur fait du bien, qu’est-ce que ça remplit. Et leur proposer d’autres activités (sans les arracher à celle-ci, pour moi chacun est libre dans la vie de faire ce qu’il aime) qui pourraient remplir les mêmes besoins. Tu en penses quoi ?

      3. « Tu en penses quoi ? »
        Bonsoir!
        pour répondre à cette question, à vrai dire je crois qu’en faite j’éprouve tout simplement de la peine pour cet enfant qui a une interdiction totale des écrans, mais j’imagine que ça touche peut-être plutôt ma « part d’enfant » en moi.
        Et en même temps, d’un œil extérieur ça ne me paraît pas juste d’être ds une interdiction totale. Mais oui mon amie à sûrement de très bonnes raisons pour faire ce qu’elle fait, et oui je serais carrément d’avis d’aller voir du côté de l’enfant, de ce qui se passe pour lui.. 🙂

  2. Bonsoir Évelyne,
    Je viens tout juste de lire cet article-ci.
    Tout d’abord,bravo pour ton analyse et tes propositions de possibilités positives et gagnantes/gagnantes, à contre-courant du « politiquement correct » et des idées reçues ou assimilées comme des vérités absolues et impossibles à remettre en question.Les dogmes et les consensus absolus sont toujours à explorer et à interroger d’urgence,ce que tu fais avec brio et une toujours soif d’authenticité qui t’honore.
    Mais sur ce « coup là »,vraiment(concernant notamment l’interrogation sur le pouvoir addictif et destructeur des écrans et la perte à mon sens réel de contrôle sur les véritables désirs et besoins des personnes addictes),je ne suis pas du tout.
    Rien n’a fait écho en moi dans cet article qui puisse réellement me questionner sur l’expérience perso que j’ai des écrans( sur moi et toutes les personnes que j’ai pu observer,ou avec qui j’ai pu discuter de leurs relation aux écrans),et sur une question de lâcher-prise ou pas.
    A mon sens,les écrans sont très addictifs,et nourrir avant tout la relation,plutôt que le conflit avec une personne addicte,certes,mais vouloir tenter d’entrer dans le questionnement de ce que ça apporte et comment vivre ensemble bien avec,c’est un peu pour moi comme faire une démarche similaire avec une personne qui fume(je suis fumeuse,et me reconnais comme toxico,c’est-à-dire,dépossédée de mon libre-arbitre quant-à la conso de nicotine)se shoote ou est alcoolique.
    10 heures par jour devant un écran à vivre une expérience virtuelle qui n’implique que la partie intellectuel et émotionnel du cerveau(et encore,de manière extrêmement pauvre et répétitive à la longue),muselant tout sens autre que la vue et l’ouïe(le toucher,l’odorat,le goût) et les fonctions psychomotrices essentielles à la santé du corps et de l’esprit,et ce sur une période prolongée,ben non alors!

    A ce compte là,l’usine est bonne pour l’épanouissement 🙂 .

    Il y a une différence fondamentale entre (par exemple)boire de l’alcool de manière ponctuelle,volontaire et libre(sans manque et sans influence sur l’humeur)et être alcoolique.C’est la définition de la démarcation entre addiction ou pas.

    Je précise qu’ici,aucun contrôle sur les écrans et leur utilisation imposé par nous à notre fille de 7 ans,ni explicite,ni implicite,et que le problème,si problème il y a,ne se pose pas,puisqu’elle en fait naturellement un usage plus que modéré,peut-être une heure/semaine en moyenne sur l’année(entre des périodes « plus » , « moins » ,et « pas du tout ».
    C’est plutôt elle qui râle(et elle a raison,car j’ai moi-même une tendance claire à l’addiction au net)de me voir scotcher à un écran « trop » longtemps.

    Je crois que le problème d’addiction ou pas,de nocivité ou d’objet de développement et d’épanouissement vis-à vis des écrans n’est pas simple du tout et relève d’un très grand nombre de paramètres(dont l’exposition massive ou pas pendant la petite enfance).
    Mais que considérer que passer 10 heures quotidiennes sur une longue durée peut-être à questionner en tant que »est-que ça pourrait être bénéfique »et « est-ce que nous ne serions pas des vieux schnocks has been qui ne voulons pas nous intéresser au sens et à la valeur de cette pratique »,c’est dénier les besoins fondamentaux physiologiques,psychologiques,physiques et émotionnels des l’animaux humains que nous sommes.

    La question d’un contrôle ou non(toujours effectivement autocratique et irrespectueux),ne se pose,à mon avis que dès lors qu’un problème d’addiction peut ou s’est installé.Et pour devenir addict,il faut être exposé de manière répétitive à une « substance » potentiellement addictive.
    Donc avant de se poser la question du contrôle de nos enfants,peut-être se poser la question de la place que tient le téléviseur,le pc,la console dans notre foyer dès leur naissance,et comment par exemple,un enfant (qui ne le demande généralement pas à 1 an ou 2 ans)se retrouve avec une console de jeux(éducative,bien-sûr ;-),une tablette,ou devant des dessins animés en boucle à la télé.(voir bien d’autres choses…pubs,journal télévisé,feuilleton de papa ou maman,etc,etc)0

    Pour être tout à fait honnêtes,nous sommes en instruction en famille,en unscho,ce qui a grandement facilité la non-imprégnation précoce au sein de l’école.
    Quant au fait que les enfants seront tous plus ou moins amené adultes à passer beaucoup de temps face aux écrans,je trouve d’une part que ce n’est pas si évident que cela,selon le parcours individuel de chacun,ses aspirations et ses choix de vie,d’autre part que si la nécessité se fait jour d’apprendre à maîtriser ses outils par choix et pour dans son chemin de vie,il ne sera jamais trop tard.On ne peut pas dire que ce soit le type de compétences difficiles à acquérir,quelque soit l’âge.Tout est fait pour nous faciliter la tâche dans nos sociétés.
    Au contraire,le « trop tôt » lui,peut à mon sens dévier ou même anéantir les développements de champs de compétences ,d’intérêts et de savoir-faire à des moments de l’enfance où nous sommes « programmés »pour avoir le max de potentiel pour les acquérir(périodes sensibles):nécessité impérieuse,curiosité naturelle,capacité phénoménale d’absorber,d’observer,de mémoriser,de développer des compétences motrices,énergie physique et psychique également phénoménales,etc..

    Donc,en ce qui me concerne,je ne tiens pas compte des avis d’experts autorisés ou de la science,qui comme tu le dis si bien,diront peut-être l’exact contraire dans 10 ans,mais,une fois n’est pas coutume,je suis du côté du consensus majoritaire. 😉 🙂 .
    Quelque soient les bénéfices potentiels des écrans(et il y en a très probablement),ils restent à mon sens une bien plus grande source potentielle d’appauvrissement global des potentialités des enfants,voire d’abrutissement,et un réel danger d’addiction:dès lors qu’on va mal,qu’on a peur,que la vie réelle vous apporte des défis difficiles(psychiquement et/ou émotionnellement),quoi de plus facile,et donc naturel,que de se tourner vers une fuite virtuelle qui vous ramène à une toute puissance,un sentiment de maîtrise,donc une zone de confort.Au grand risque d’y rester coincé et de s’y perdre,sans mode d’emploi pour faire demi-tour.

    1. Bonjour Mélanie, je te remercie beaucoup de ton long message bien argumenté. J’entends que tu ne te retrouves pas dans cet article et ce n’est pas dérangeant de ne pas avoir les mêmes points de vue, ça donne lieu à de belles discussions. Si tu le veux bien, je vais reprendre ton commentaire de façon chronologique et répondre à quelques points que tu abordes pour t’apporter un éclairage supplémentaire sur ma façon de voir, qui je ne le cache pas, est le résultat d’un gros travail intérieur sur moi sur ce sujet, qu’on ne peut choisir de faire que si on est persuadé d’aboutir à plus de cohérence avec ses valeurs. Ce n’est pas une façon de faire que je prône, je témoigne de ma façon de voir.

      -Je te cite : « tenter d’entrer dans le questionnement de ce que ça apporte et comment vivre ensemble bien avec,c’est un peu pour moi comme faire une démarche similaire avec une personne qui fume ». Oui je vois ce que tu veux dire, et ça part du coup du constat que les écrans sont toxiques comme ces substances, ce que je ne considère pas juste pour ma part.
      -L’usine, si c’est le rêve et la passion de l’enfant, est bonne pour son épanouissement oui, lol , s’il y trouve de la magie dans le cliquetis des machines, s’il y trouve un bercement dans le travail répétitif, s’il trouve une connexion possible à son monde intérieur et un champ libre pour la réflexion, etc.
      -Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’en voyant (depuis donc notre point de vue extérieur) un enfant assis sur une chaise cliquant d’un doigt les yeux rivés sur le même endroit sans parler, il est facile pour nous de faire le raccourci que cet enfant agit en robot et qu’il utilise peu de son potentiel. Qu’en pensons-nous si nous regardons quelqu’un lire ? Quelqu’un qui lirait toute la journée ? Oh quelle horreur, cette personne les yeux fixés sur une page, couchée sur son lit, en tenant son livre sans bouger… Que savons-nous de son monde intérieur à cet instant ? Pouvons-nous nous douter qu’il est en fait en train de chevaucher un dragon dans la steppe en criant sa liberté à tue-tête ? C’est aussi une expérience virtuelle, qui peut apporter beaucoup à la confiance en soi. Car l’esprit vit une expérience qui lui donne des sensations directement assimilées par le corps. Pense « haine, colère, peur, détresse »…comment te sens-tu ? Si tu penses « Joie, clarté, rire, arc-en-ciel, soleil »…comment te sens-tu ? Est-ce un mal de faire des choses qui nous font sentir bien, même si elles sont vitruelle ? Par exemple un moment de relaxation le matin les yeux fermés, où on s’imagine volant sur les ailes d’un aigle ?
      Peut-être que ce qui inquiète est l’abus d’une chose, quelle qu’elle soit. Trop de sport nous ferait nous inquiéter aussi: « repose-toi, n’en fais pas trop, tu en demandes trop à ton corps, il va te lâcher,… »
      Certes je serais ravie que mon enfant passe juste quelques heures à l’ordi et le reste du temps dessine, aille jouer dehors. Mais moi je n’aimerais pas qu’on m’éteigne l’ordi et qu’on me dise d’aller me promener. (Mince je crois que je me répète, je n’ai pas relu l’article).
      Et pourtant je sais ce qui est bon pour moi. Je l’ai appris, je l’ai expérimenté, je l’ai ressenti.
      Je crois que c’est pas forcément opportun d’équilibrer sur une même journée les activités. J’ai remarqué, et les témoignages sur les enfants libres le disent aussi, qu’un enfant à qui on laisse le choix, fera la même activité pendant plusieurs jours/semaines/mois, jusqu’à satiété. Tant qu’il y trouve quelque chose de bon, il continue. Puis un jour, il la délaisse, et va s’intéresser à autre chose pour l’explorer à fond. Je sais que ce n’est pas comme ça qu’on procède par exemple en classe: on pourrait envisager d’enseigner uniquement les maths pendant un trimestre et de passer à autre chose après, mais encore faudrait-il que les enfants puissent dire quand ils en ont marre et qu’ils en aient tous marre au même moment. lol.
      -Pour revenir à l’alcoolisme que tu cites, encore une fois l’alcool a des effets nocifs sur la santé avérés, puisqu’on en meurt, donc la comparaison n’est pas pertinente à mon sens. Tu me diras qu’on peut mourir de ne plus manger ni boire ni dormir parce qu’on est devant un écran. Et c’est là mon rôle d’accompagnatrice envers mon enfant: mon fils a remarqué plusieurs fois qu’il avait loupé le goûter, qui est un repas qu’il adore particulièrement. Il m’a demandé de venir lui taper sur l’épaule quand « c’est l’heure » du goûter. J’ai refusé car je lui ai dit que je ne voulais pas être garante des besoins de son corps, et que c’était à lui de trouver un moyen pour détecter ses besoins vitaux. Je le laisse responsable. Quand il aura constaté qu’il ne goûte plus, il finira par trouver une stratégie pour avoir le temps d’être à l’écoute de ses besoins. Il en est encore à la prise de conscience. Si je les prends en charge à sa place, c’est là que c’est dangereux je pense.
      -Tu dis « pour devenir addict,il faut être exposé de manière répétitive à une « substance » potentiellement addictive. » Je ne suis pas sûre du tout. Je remarque que les enfants qui se ruent sur les bonbons sont ceux qui ont l’interdiction d’en manger en temps normal.
      -Tu résumes un peu vite l’intention de l’article sous cette forme: «  »est-que ça pourrait être bénéfique »et « est-ce que nous ne serions pas des vieux schnocks has been qui ne voulons pas nous intéresser au sens et à la valeur de cette pratique » » Non ce n’est pas ça. Cet article est une réponse au matraquage de généralisations faites par les medias, et auquel la plupart d’entre nous se conforme sans se poser de question, juste parce qu’un scientifique l’a dit. Non je témoigne simplement de mon expérience avec mes/mon fils, et de ce que je remarque. C’est ça pour moi la démarche scientifique: observer, mesurer, essayer, faire des hypothèses, les vérifier ou les infirmer. Et je fais part de ma confiance naissante en ce qu’apportent les jeux vidéos à mon fils.
      -Pour répondre à la suite de ton comm, chez nous il n’y a pas de tv depuis 3 ans, les jeunes enfants n’ont jamais été collés devant, pas de tablette, pas de tv allumée, pas de feuilleton pour papa et maman. On ne rentre absolument pas dans les cases que tu cites 😉 . Chaque enfant a ses propres centres d’intérêt et il se trouve que celui de mon troiz, c’est les jeux. Mon deuz n’a jamais été intéressé. Ma fille joue seulement une heure deux fois par semaine. Les consoles portatives sont à portée de main, et ils en font très très peu.
      -« le « trop tôt » lui,peut à mon sens dévier ou même anéantir les développements de champs de compétences  » -> Mélanie, vous vivez l’unschooling, donc tu sais à quel point un enfant qui manifeste un intérêt pour quelque chose a envie et besoin de creuser pour en apprendre le plus possible sur ce sujet. C’est une opportunité d’apprendre qui est à saisir rapidement. C’est ce que fait mon fils dans le domaine qui le passionne.
      -Je ne partage pas du tout ton point de vue sur le dernier paragraphe. « Une grande source d’appauvrissement » oh non ! C’est totalement l’inverse ici. Que de potentiel développé, que de centres d’intérêt périphériques développés, que de partage sur ces sujets, que de joie et de progrès ! On peut aimer ou pas ce domaine en tant que parent, et pour moi, si l’enfant l’aime je respecte ce qu’il aime et l’attire et l’aide à le développer. Comme s’il aimait le tir à l’arc ou l’alpinisme. Mon enfant ne se tourne pas vers ce domaine par fuite d’un mal-être mais parce que ce centre d’intérêt le nourrit comme tout centre d’intérêt. Je crois que ce qui change tout en fait, c’est la manière d’accompagner des parents, s’ils sont vigilants ou pas, c’est facile à voir si son enfant est heureux et épanoui. Le mien l’est en assouvissant sa passion. Encore faut-il ne pas lui mettre trop de contraintes l’empêchant de s’y adonner autant qu’il le souhaite, car c’est un raccourci facile que de dire « les écrans font mal à mon enfant, parce que quand je les éteins il pique une colère ».
      Merci Mélanie pour ton partage très intéressant, et désolée je suis aussi bavarde que toi 😀 .
      Bises !

  3. Merci Evelyne pour ce partage d’expérience, de cheminement..
    je trouve cela extra et je chemine aussi avec mon enfant.
    Je ne crois pas au hasard, je t’ai rencontré au festival au pique nique des blogeusses et tu m’a donné ta carte.
    Ce blog est belle et bien une perle, je dirais même une pépite.
    Merci, merci.
    On créée une école démocratique en Gironde et tes articles m’aident à aller encore plus loin et plus vite !! 🙏🙏

  4. Merci ! Merci ! Merci ! Merci !
    Mes parents ne nous laissaient pas regarder la télé, par d’ordi … Résultat : 5000 DVDs à la maison et des études dans le cinéma !
    Du coup, je me vois mal imposer des restrictions à mon fils alors que je pourrais (et que j’ai ) passer des heures devant des films.
    En plus son père est un fan de jeux vidéos et ils s’amusent beaucoup ensemble !
    Bref, ça fait du bien de lire un article sur les écrans qui ne soit pas culpabilisant !

  5. Mais tout à fait !!!
    Mon fils (15 ans) passe son temps devant son ordi, parfois trop mais il en a besoin, ca le dé-stresse des journées de lycée. Ca crée parfois des conflits mais on trouve nous aussi des compromis. Il sait qu’il y a des priorités (devoirs, discussions avec la famille etc …), mais les jeux videos ont été aussi une énorme source de connaissances. Il adore les jeux de stratégies et historiques et du coup il potasse les sujets et …il est incollable en histoire/geo ! Une vraie passion.
    Du coup je m’y intéresse aussi, je lis des articles, je surveille les sorties des jeux qu’il aime, on en discute énormément. Tout comme il en discute avec ses potes.
    Bref au lieu d’isoler, c’est juste l’inverse, ça permet de sociabiliser.

    1. Waow c’est super de découvrir ce témoignage de connexion dans la famille sur fond d’écrans (sans jeu de mots). Ce n’est pas toujours un réflexe de découvrir l’univers de notre jeune, et pourtant c’est un vrai pont entre générations et surtout entre deux âmes…

    2. Phooka, je vois que tu écris, j’ai caché un « petit roman bizarre » sur ce blog, destiné à la jeunesse, et stoppé pour le moment au chapitre trois. Tu peux faire une recherche à « Moha et Toha », ça devrait apparaître, si tu es curieuse. Bonne découverte.

  6. C’est très curieux car étant moi-même très touché par le sujet je me suis dit: « n’importe quoi cet article » car mon environnement m’a tellement répété que les écrans étaient mauvais pour moi que je me suis convaincu de cela. Très courageux article et démarche, j’aurais aimé pour mes parents et moi que nous puissions fonctionner ainsi, nous avons malheureusement souffert pendant 10 ans (de 14 à 24 ans) à cause des jeux vidéos, plus mes parents se montraient contre et plus je me renfermais dans les jeux videos avec des attitudes de plus en plus violente (3-4 ordinateurs cassés, automutilations diverses, des marques sur les murs de la chambre qui rappellent ces douloureux moments). Je pense sincèrement que la solution n’est pas d’interdire mais bien la démarche que tu proposes ; comprendre, lâcher prise. Moi-même je me désole aujourd’hui en voyant mes propres parents « s’informer » devant bfmtv mais j’essaye de ne pas reproduire la même stratégie qu’eux. Chacun sait ce qu’il fait, qui sommes nous pour juger ce qui est bon pour les autres ? J’espère que mon témoignage vous aura touché et qu’il vous permettra d’éviter de souffrir avec vos enfants/parents/amis

    1. Oui Etienne, je suis touchée par ton témoignage et le choix que tu fais de le partager. J’ai beaucoup réfléchi au comportement qu’on nomme « addiction », est-ce un terme abusif ? Est-ce une réaction à un environnement qu’on sent se refermer sur soi comme un étau ? Qui de la poule ou l’œuf ? … En tout cas c’est un sujet sensible chez beaucoup de gens dont le foyer a basculé autour de cette problématique. Plein de bonnes choses pour toi et tes proches sur votre chemin de vie !

  7. Bonjour ! Et merci pour cet article qui me réchauffe le coeur après ces dernières semaines à avoir vu passer des dizaines d’articles sur les Écrans et leurs méfaits, de la myopie à l’autisme. J’ai été pour ma part une enfant qui a bénéficié des écrans très jeune et autant que je l’ai toujours souhaité et je me sens très reconnaissante envers mes parents de m’avoir accordé cette confiance là. Aujourd’hui J’ai 30 ans, j’adore les jeux vidéos, je passe beaucoup de temps à bricoler des PC ou à lire sur Facebook… J’ai aussi une immense bibliothèque bien garnie, en version papier et sur ma tablette qui me permet de lire où je veux, et quand je réfléchis à ce que la technologie m’apporte comme ouverture sur me monde, en qualité de divertissement, en bonheur… ben je suis heureuse de vivre cette génération là et de pouvoir transmettre ça à mes enfants, en plus de tout le reste.

    1. Bonjour CileRose, j’aime beaucoup ta réflexion à propos de ce que la technologie peut nous apporter. Et pourtant je suis la première à adorer simplement me coucher sous un arbre et regarder les feuilles bouger.

  8. Merci pour cet article qui tombe à pic, moi aussi je suis sur le chemin du lâcher prise parce qu’après 2 mois de vacances scolaires à floquer les écrans j’ai compris que c’est peine perdue et je ne veux pas de cette famille en conflit permanent..et puis pour moi la liberté d’être est tellement importante que je me sens mal de ne pas respecter la personnalité et les envies des enfants..à voir en pratique tellement j’ai été conditionné écran = diable= échec total..

  9. J’aime beaucoup ton article… Les écrans sont un sujet sensible ici… Mari informaticien… Fan de jeux vidéos et de moults films… 3 ordinateurs pour lui à la maison (sic). Pour les enfants je suis plutôt partisane du peu d’écrans… Sauf que ma fille et mon mari passent de supers moments à jouer tous les 2… Alors depuis quelques temps je les laisse s’amuser tranquillement sans essayer d’interrompre leurs échanges… Mes parents ont offert une DS à ma fille et je le voyais d’un très mauvais oeil… Finalement j’ai décidé de lâcher là dessus aussi. Le point positif c’est qu’elle lit beaucoup en jouant… Elle a découvert plein de mots de vocabulaire… Mais j’avoue que je supporterais mal qu’elle joue 10h par jour… Bravo à toi pour ce cheminement qui va me faire cogiter dès ce soir….

    1. Merci pour ton commentaire Alex. Oh oui c’est dur de « lâcher » et je pense pourtant que c’est faire preuve de sagesse, car on réalise que les choses peuvent aussi très bien se passer, ou mieux se passer, sans prendre le chemin que nous avions pourtant souhaité. A bientôt.

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