Spectacle | Histoires Extraordinaires, expériences amusantes -Bernard WERBER

(source google, affiche officielle)

« Bernard Werber, écrivain romancier, est principalement connu pour sa trilogie des Fourmis. Son œuvre, traduite dans une trentaine de langues, fait se rencontrer spiritualité, science-fiction, polar, biologie, mythologie, etc. L’auteur qualifie parfois son style de « philosophie-fiction ». » (source wikipedia, vous pourriez sans doute trouver mieux car je crois qu’il est aussi peintre, réalisateur, journaliste, scientifique, …).

J’avoue, je n’ai lu aucun de ses livres, et je suis allée voir le spectacle le 11 février 2017 à Lyon, sur invitation d’une personne qui connaît bien mes centres d’intérêt. Donc ici je ne vous parlerai que de Bernard Werber sur scène, tel que je l’ai perçu, sans rien connaître de lui.

Il est touchant de voir que des gens célèbres, à notre époque, sont capables d’oser faire un spectacle reposant sur la connexion avec le public, sans contenu méga préparé aux petits oignons qui aurait un script « paf à cette seconde, tu dis ça et paf à cette seconde le public rit ». J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié l’aspect « amateur » du déroulement, au sens positif « d’authenticité et de vérité », malgré la présence de 800 spectateurs :

« -Ah Loïc, peux-tu avancer à la diapo suivante stp ? » (ce n’est sans doute pas que le Loïc rêvait, mais bien que le script ne mentionnait pas après quelle phrase la diapo devait être changée. Remarque je connais pas Loïc, après tout…)

et aussi « -Bon là j’ai que cette photo mais j’en ai d’autres, c’est bête faut que je retrouve où elles sont, y en a une qui irait mieux pour illustrer cela ».

Lol et relol. La perfectionniste-qui-se-soigne que je suis, aurait passé plutôt 3 mois à retrouver la bonne illustration avant de se lancer dans une tournée. Et j’ai aimé ce relâchement sur des choses qui ne sont finalement vraiment pas si graves. Car comme Bernard Werber dit : « Le principe est celui de l’art vivant, je crée en fonction de la salle que j’ai. Il n’y a pas deux soirs le même spectacle. » (source interview par Nicolas Blondeau dans le progrès.fr Lyon).

Ce que j’ai perçu de cette soirée est un free style humain de communion tous ensemble. J’ai eu la bonne surprise de me sentir réellement comme une invitée, à ma place et non observatrice voyeuse. J’ai eu le plaisir de me sentir utile et même indispensable dans cette assemblée car co-constructrice de ce qui allait s’y passer. J’ai eu l’impression d’être conviée chez l’ami d’un ami : timidité réciproque, puis un peu plus à l’aise, découverte de l’autre, puis liés par un moment fort qu’on vient de partager, comme si nous nous connaissions depuis longtemps. Même la fin se clôturant sur un selfie géant, avec ses ratés, ses rires, alors que certains avaient déjà commencé à partir, couronnait amicalement l’instant. Cela m’a fait retrouver le plaisir des génériques de films au cinéma, que je lis toujours jusqu’à l’ultime seconde, quand je suis désormais seule dans la salle, et qui recèlent une surprise en tout dernier (clin d’œil, message caché, bêtisier) : une impression de privilège vécu uniquement par ceux qui se sont intéressés à plus que de venir voir une vedette sur grand écran.

Mention spéciale pour le court-métrage des Humains vus par les Extra-terrestres, très drôle par l’approche style « documentaire animalier ».

Monsieur Werber, je vous en veux de m’avoir proposé de regarder ma voisine dans les yeux 30 secondes sans parler. Non pas que je sois tombée sous le charme quoiqu’elle fut charmante, mais plutôt car cela a été un exercice très difficile. J’avais déjà vu cette expérience sur le net, et de la vivre m’a confortée dans ma propension à aller vers l’humanité, c’est-à-dire le caractère humain caché au fond des tripes de chacun de nous. J’ai commencé par voir un visage et les yeux d’une inconnue, j’ai voulu détourner le regard, gênée. Mais en persévérant, me disant que je ne pouvais plus y échapper, c’est là qu’il y a eu un soudain lâcher-prise, un déclic. Pendant que la personne en face de moi avait le regard de plus en plus humide, j’ai senti que j’accédais comme par un scanner en profondeur, à son âme. Soudain j’étais emplie d’amour fraternel et d’admiration pour la beauté intérieure de la petite fille que je percevais en elle. J’avais envie de lui déclarer « tu es magnifique. Car tu es un être humain ». Elle, m’a dit avoir perçu que je travaillais probablement dans la relation d’aide. Intéressant et pertinent.

Le thème de la soirée pourrait être résumé ainsi : « Qu’ai-je à faire de ma vie avant de mourir ? » Bernard Werber partage avec un tel recul ses expériences de vie ou de mort presque imminente que cela en est presque incongru. Moi l’émotionnellistiquement hypersensibilissime, je me suis prise à écouter plus les paroles philosophiques de Bernard Werber, que de m’effrayer des situations qu’il a vécues en me laissant envahir par des émotions difficiles. Il manque de mourir comme on dirait « passe-moi le sel ».

Cet homme m’inspire car son apparence timide et renfermée cache, selon mon ressenti, une force intérieure et un aplomb immenses. J’aime ce que je considère de l’indulgence envers lui-même, comme s’il était conscient d’un éventuel « handicap » de par ce caractère : « ok je ne suis pas expansif ni le mec le plus sûr de moi, mais je crois en les gens pour dépasser cette première vision et pouvoir leur faire entendre mon message. » C’est cela d’après moi la vraie confiance en soi. Non pas donner le change par une attitude pouvant déplacer les foules, mais s’accepter tel qu’on est et se livrer à ceux qui creusent un peu. A moins que le calcul soit dans toute cette simplicité, mais j’accepte de faire confiance en sa sincérité.

Le moment d’hypnose, il faut en parler. Pour ceux qui sont terrifiés à l’idée de fixer des yeux écarquillés, d’entrer dans un profond sommeil et d’exécuter des actes aussi avilissants que ridicules, venez tranquilles au spectacle. Vous pourrez effectuer si vous avez envie, une séance de relaxation tous ensemble (silence total respectueux et apaisant, juste la voix de Bernard Werber), où votre esprit pourra voyager, comme lorsque vous voyez un joli paysage et que vous vous imaginez courir dedans. Et comme l’expérience a un but, vous pourrez y découvrir et y puiser la ressource dont vous avez besoin pour repartir avec l’envie de profiter de votre vie. Je suis une habituée de l’hypnose (que je préfère beaucoup moins directive), mais j’ai apprécié de la faire en même temps qu’autant de participants, chacun avec sa propre histoire, encore une fois tous en communion.

Voilà pour mes impressions et ma façon de vivre ce spectacle. Vous doutez ou trouvez ça bizarre ou génial ? Et bien allez vérifier par vous-mêmes 😉 …

EM

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