Film | L’Ecole Buissonnière (1949) : pédagogie Freinet

Je vous présente ici

L’École buissonnière, un film de Jean-Paul Le Chanois 

 qui raconte les débuts de carrière romancés de Célestin Freinet

 (à ne pas confondre avec un film actuel de N.Vannier à sortir prochainement)

(source image : google)

Le film (en noir et blanc) : En 1920, dans un petit village de Provence, M. Pascal, jeune instituteur qui prend son poste, change radicalement les méthodes employées par son prédécesseur. Il écoute les enfants, s’inspire de leurs découvertes, les emmène dans la nature, cherche à mettre en valeur les capacités et les goûts de chacun. M. Pascal est l’incarnation de Célestin Freinet, dont les débuts de pédagogue ont eu lieu dans des circonstances approchantes.

Vous pouvez trouver de nombreux détails sur les circonstances du tournage et l’engagement de Freinet, rédigés par Michel Barré sur le site suivant: www.amisdefreinet.org

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La vraie vie : Célestin Freinet (1896-1966) développe avec l’aide de sa femme Élise et en collaboration avec un réseau d’instituteurs, toute une série de techniques pédagogiques basée sur l’expression libre des enfants : la Pédagogie Freinet, dont s’inspirent des écoles alternatives partout dans le monde aujourd’hui.  Freinet écrit : « Nous avons aidé de notre mieux pour que ce film soit une réussite, c’est-à-dire qu’il fasse sentir et comprendre aux parents d’élèves les vertus des conceptions pédagogiques qui constituent un des grands tournants historiques de l’éducation populaire. » (Dans L’Educateur  n°3 (1er nov. 48), source www.amisdefreinet.org) 

(source image : www.asso-ecole-freinet-fabrettes.blogspot.fr)

Je vous le recommande : Je ne mets pas le lien ici car je n’ai pas d’autorisation de diffusion mais j’ai pu le voir en entier en ligne. J’ai été touchée par la candeur et l’énergie de l’enfance paradoxalement magnifiquement exprimées au travers de la volonté de certains adultes de vouloir les brimer. Ce film exprime tout haut certaines inadéquations de l’enseignement classique et expose en toute simplicité les possibilités à portée de main qu’ont les accompagnants pour « voir des âmes derrière ces visages » (citation du film).

Je n’ai pas ressenti ce film comme vecteur de militantisme, même si j’ai tilté sur la caricature de l’ancien instituteur (Freinet lui-même aurait souhaité que les traits de ce personnage soient moins poussés). La voix des personnages conservateurs est entendue et a de la place pour s’exprimer, dans un bon équilibre. Le personnage principal est totalement dans la non violence, il ne cherche pas à imposer son point de vue, mais l’exprime, tout en restant sur ses positions de façon respectueuse et prenant des initiatives. Ce film m’a paru doux, tendre, concret, et m’a interpellée émotionnellement plutôt qu’intellectuellement. La scène du caillou reçu à la figure par le maître d’école est extrêmement touchante d’amour et de respect (oui c’est bizarre à lire mais vous comprendrez quand vous aurez vu le film) :

« Antoine : -J’ai pas demandé à venir au monde !

Le maître d’école : -Oui mais d’y être venu ça te donne un DROIT.

Antoine (les yeux qui s’allument, surpris et plein d’intérêt) : -Un droit ??

Le maître d’école : -Oui…… Le droit de vivre ……et d’être heureux. […] Tous les jours il y a des gens qui luttent pour les droits des hommes. Puis y en a qui luttent aussi pour les droits des enfants. Alors si les enfants leur balancent des pierres à travers la figure, c’est la fin de tout. »

EM

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